mardi 29 juillet 2008

Le premier test de Michael Fortier


Les négociations ont failli à Genève, en ce qui concerne le cycle de Doha de l’OMC. Michael Fortier, un colistier aux prochaines élections fédérales dans Vaudreuil-Soulange y était. Malheureusement, il a du se contenter de rester à l’extérieur de la salle de négociations, qui était réservée au 6 pays les plus importants au niveau du commerce international. Bizarrement, le Canada ne semble pas faire parti de ce club sélect (qui inclut le Brésil?!). Par contre, il a dû jouer un rôle tampon entre les agriculteurs du pays, entre autre sous l’UPA, et le besoin pour le Canada de se positionner favorablement envers une plus grande libéralisation du commerce afin d’aider les pays en développement économique. Fortier était dans une position très inconfortable; d’un côté, devoir satisfaire un groupe de pression puissant, afin de maintenir les subventions et les droits tarifaires pour conserver notre gestion de l’offre (je suis plutôt d’accord avec ce principe, pour le moment) et de l’autre, la pression des pays émergeants qui achètent nos produits (mais en même temps demandes une redevance douanière importante).

Personnellement, cette petite sortie en Suisse ne donnera pas plus de crédibilité à ce non-élu du gouvernement Conservateur. Même si les dés étaient pipés en ce qui concerne sa position vers le protectionnisme de notre industrie agricole, Michael Fortier n’aura pas su démontrer sa valeur come représentant de nos intérêts dans la communauté internationale. Dans le fond, il doit être très heureux que les négociations aient achoppées. Il pourra ainsi se cacher derrière une décision qui n’est pas sienne, sans pour autant endommager l’image positive que le Canada tente de soutenir, soit l’adhésion à une libéralisation du commerce. Seule note positive : Michael Fortier mentionne la chose suivante : «On va voir une poussée d’ententes bilatérales pour tenter d’accomplir par nous-mêmes ce qu’on n’a pas réussi en groupe»

En conclusion, il devra être plus clair sur sa position envers nos méthodes d’échange de bien avec les autres pays lors des prochaines élections, car il semble un peu trop ménager la chèvre et le chou dans ce dossier. Saura-t-il user de plus de leadership? Seul le temps le dira. Et je serai aux premières loges pour surveiller ce personnage qui aspire encore à la légitimité politique, même après plus d’un an au sein du gouvernement minoritaire.

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Photo de Jacques Nadeau du Devoir

2 commentaires:

lutopium a dit...

Les gouvernements néolibéraux et néoconservateurs sont pris en sandwich dans ces négociations, héritières des accords du GATT, symbole de la mondialisation des marchés et de l'exploitation internationale. Les pays riches ne sont pas capables de permettre aux pays en développement de protéger leur économie, exigent l'abaissement des règles afin de pouvoir exporter et se sentent obligés de protéger leurs propres marchés. Le Canada veut exporter son bois mais refuse l'entrée des produits laitiers. Pour ma part, je suis en faveur d'un certain protectionnisme, non pas pour protéger les intérêts des UPA de ce monde, mais plutôt pour freiner le transport de marchandises que nous avons déjà en inventaire...

Ce dont les journaux ne parlent pas beaucoup, c'est l'abolition des lois protectionnistes qui sont reliées aux services. Si les accords de Doha sont acceptés, nous pourrions être forcés de privatiser Radio-Canada, entres autres choses... Et ça, les conservateurs semblent ouverts à l'idée...

Sir Sébastien a dit...

Lutopium, Tout y est. Merci pour ces précisions. J'ajouterai que ce n'est pas seulement pour freiner le transport de marchandises en inventaire, mais plûtôt pour continuer à en contrôler l'offre. Je ne pense pas qu'il y ait grand chose en inventaire, en cette ère du "juste à temps". De plus, certains agriculteurs voudraient bien que ces quotas soient modifiés, vu l'offre grandissante et la demande stagnante. C'est là que l'exportation devient intéressant. Pour le lait, par exemple, si un fermier veux conserver ses vaches qui produisent beaucoup, il doit acheter un plus gros quotas. S'il ne peut le faire, il devra tôt ou tard se débarasser de quelques vache. Cela s'applique aussi dans d'autre domaine. C'est là que L'UPA ou COOP devient un bouclier avec son manque de créativité pour transformer ou exporter les produit. Et c'est aussi là que le protectionisme fait mal. LA question est de savoir comment appliquer le GATT sans trop se faire mal. Malheureusement, ça semble revenir vers un conservatisme et non vers le néo-libéralisme...

Au plaisir de vous lire!