mardi 26 août 2008

L’Aile Démagogique du Québec, souvent nommée l'ADQ

L’ADQ est en caucus pour préparer la prochaine rentrée parlementaire. Il n’en fallait pas plus pour Mario Dumont et sa clique démagogue pour faire une sortie qui reprend la même façon de faire qu’il y a deux ans, soit flatter le peuple dans le sens du poil en jouant sur la peur et les duplicités populaires, comme en fait foi cette sortie de Éric Caire (voir page 4 du lien précédent pour des détails savoureux sur ce député coloré) avec un retour aux petites politiques remâché et inutilement régurgité maintes fois sur l’emplacement du nouveau CHUM.

Un des principes que j’essais de maintenir dans mes carnets ou interventions dans d’autres blogues est de garder un regard critique, interrogateur ou observateur, tout en essayant d’aller au-delà de quelques fibres plus apparentes qui guident parfois ma pensée politique. Mais dans le cas de l’ADQ, c’est assez difficile; premièrement parce que ce parti n’est que la copie conforme de la méthode populiste des Conservateurs fédéraux et des politiques de Stephen Harper. Deuxièmement parce que ce parti en en apparence l’affaire d’un seul homme, Mario Dumont. Il vient encore d’en faire la preuve avec sa sortie simpliste contre les écoles publiques et ce qui s’est passé à Montréal-Nord. Un collègue commente d’ailleurs cette sortie avec justesse dans un de ses carnets. Cependant, il permet parfois à des Sébastien Proulx ou autres fantoches de s’exprimer sur des sujets aussi passionnants que le choix d’un président de l’assemblée nationale ou sur l’appui d’un quelconque parti fédéral dont l’exercice électoral est imminent. Cette apparente liberté offerte à ses apôtres cache un malaise car est probablement la réponse aux raisons de la démission récente de Sylvie Tremblay, jadis figure relativement importante à l’exécutif du parti.

Mais qu’est-ce que l’ADQ au fond? Voici quelques points, qui reflètent une perception grandissante un peu antipathique face à ce parti qui se perd trop souvent en conjecture.

* Une bonne opportunité mal dirigée : L’ADQ, sous la gouverne de Mario Dumont existe au départ grâce au rapport Allaire et aux conclusions de la commission Bélanger-Campeau sur la constitution canadienne. L’échec du lac Meech à donné des munitions aux Libéraux déçu et à permis la création de l’ADQ et de son idée plus autonomiste qui a su se développer au fils des ans. Par contre, l’attitude de Dumont à transformer une idée au départ intéressante en ramassis imprécis d’idées adaptée au goût du jour et selon l’humeur de l’opinion publique démontre un manque de vision et de leadership.

*Il y a une idéologie droitiste vacante au Québec? Remplissons simplement le vide! : Il y avait en effet une tendance souvent heureuse mais parfois pernicieuse au Québec depuis l’arrivée du PQ au pouvoir en 76 : L’émancipation de l’étatisme et du néo-libéralisme ayant pris toute la place dans l’opinion publique jusqu’à très récemment, il était inévitable que le vide laissé un peu plus à droite se remplisse un jour ou l’autre. C’est l’ADQ qui l’a comblé, maladroitement et de façon souvent tendancieuse. Comment se servir des effets pervers du 11 septembre? Demandez à Mario Dumont. Il a la recette parfaite, avec ces remarques parfois frôlant les sermons dogmatiques de Bush et de Harper.


*Une bouée pour une jeunesse blasée et désillusionnée : Ils ont su, par un discours populaire et en ayant en ses troupe des jeunes, souvent opportunistes, donner une image de changement mais qui, au fond, ne fait qu’appuyer les discours rétrograde mais se cachant derrière une façade réformatrice inspirée de la doctrine néo-conservatisme si populaire chez les Républicains Américains.


*Une apparence dictatoriale et quelques manipulateurs déguisés : Il convient à un parti politique et à ses membres de maintenir un propos cohérent et en lien avec la ligne de pensée du parti. Dans le cas de l’ADQ, cette ligne de parti est mince et peu étoffée. Ce qui à poussé l’éternel chef et parfois à quelque commandos (et d’autres cellules militantes sans expériences) à expérimenter un contrôle sur certains membres et alliés depuis que la popularité de l’ADQ s’est accrue. L’apparente liberté d’expression affichée lors de son dernier conseil général de 2007 s’est finalement soldée par la sortie expresse d’un plan vert incomplet et maladroit dont on attend toujours les détails financiers. Sans vouloir répéter ma dernière sortie contre le fonctionnement de l’ADQ, l’apparence de sérénité est trompeuse et ne sert qu’à camoufler une désorganisation des idées en tentant de démontrer que l’ADQ écoute et veut prendre action.


*Un autonomisme revampé? : En ressortant le précepte autonomiste de la garde-robe poussiéreuse de l’ère Duplessiste, Mario Dumont essai de rejoindre la tranche de la population qui tergiverse entre l’indépendance du Québec et ceux qui se love dans le confort fédéraliste d’Ottawa. Or, en se positionnant comme le parti des laissés pour contres, l’équipe Dumont se place constamment dans une position fragile car l’humeur des électeurs est très volatile, d’où l’image de girouette que projette le leader adéquiste. Cette propension à la flexibilité intellectuelle s’assoit sur un concept de l’époque de la grande noirceur et profite de la mémoire courte des gens pour promouvoir une illusion de changement, mais qui au bout du compte sont des idées veillottes.

En somme, c’est avec une apparence d’image jeune que l’ADQ tente de monter dans l’estime des québécois. Par contre, les idées sont peut-être trop copiées sur certaines politiques Américaines ou sur la pensée de droite qui demande, entre autre, plus de contrôle sur l’immigration, l’éducation, le légal et la sécurité, tout en essayant de profiter des bienfaits du fédéral. Nous assistons à l’émancipation d’un parti qui se star-académifie, selon l’humeur de la populace. Ce genre d’attitude ne dure qu’un temps, comme n’importe laquelle star du show-business. Voulons-nous d’un gouvernement qui s’adapte tel un caméléon aux humeurs du temps, ou bien d’un gouvernement qui fait avancer la société québécoise sans user de démagogie?