jeudi 6 mars 2008

Bob l’éponge… consommateur (1ière partie)


Salut. Je suis Bob. Je consomme. Tout ce qu’il y a de nouveau sur le marché des bébelles, je l’absorbe sans réfléchir. Au diable la qualité. Je suis l’instrument parfait des grandes multinationales de la haute technologie et du marketing hypnotique éhonté.

Laissez-moi vous expliquer comment mon cerveau (et celui de la majeure partie des autres éponges) fonctionne : je carbure à la quantité plus qu’à la qualité. Je peux absorber une quantité phénoménale de merde sans même avoir peur d’être saturé. Par exemple, on me gave de multiples séries télévisées ou de balades FM plus ou moins digestes, on m’inonde de fausse-réalité et on me fait croire que la fin est proche en tout domaine. Je gobe tout sans réagir. Par contre, mon éponge commence à suinter le trop plein de technologie. Cet article dégraissant parle de la surconsommation électronique au détriment de la qualité. Cependant, ce brûlot n’est pas un décrottage de l’évolution normale de la technologie. Cette sortie se veut une démonstration que nous, éponges, participons activement à l’émancipation morbide des Sony, Apple et autres « BitTorrent » de ce grand lavabo limoneux qu’est le monde de la technologie de consommation. Par exemple, notre société est passée, en moins de 30 ans à travers plus de dix différents supports audio destinée au grand public. Nous le gobions simplement parce que c’était ce que tout le monde consommait; comme ça, sans vraiment réfléchir. Je me confesse; j’essais d’oublier mon utilisation intensive du lecteur « 8-tracks » de mon père (que j’ai fais rouler et dérouler au moins jusqu’en 1987…). Même s’il nous faut être à la page et suivre l’évolution technologique, que pouvons-nous apprendre de ces cassettes huit pistes et du combat auquel nous assistons entre les MP3 et l’industrie du disque?

La musique comme un gâteau de fête
Mes vinyles veulent vivre. Je ne parle pas ici de mes différents instruments et accoutrements sadomasochistes, mais de la palette de plastique musicale pleine de sillons. Ces disques ne veulent pas mourir, même après leur extinction annoncée à la fin des années quatre vingt. Je me suis demandé pourquoi ; pourquoi soudainement ce regain de vie du disque 12 pouces ? Imaginez ! Autant Bjork, Radiohead que Coldplay sortent aussi leurs opus en format platine (particulièrement au Royaumes-Unis). Voici mon explication personnelle : toute éponge que nous somme a besoin de contact réel pour se remplir. J’ai un peu perdu le contact avec le concept global de l’art musical lorsque les MP3s sont arrivés dans les années quatre vingt dix (et je ne suis pas le seul). Pour moi, le concept de l’art musical inclus, entre-autre, la conception d’une pochette, d’une présentation, d’un emballage, d’une ambiance qui invite à donner le goût de voir ce qu’il y a en dessous du crémage. Combien de temps ais-je passé à écouter une version vinyle de Stravinsky – Le sacre du printemps, par exemple, en contemplant sa pochette qui arborait une peinture de la période moderne.

La musique comme un simple objet de consommation
Je passe sous silence l’avènement de la cassette, car encore une fois, seul le besoin de transporter la musique où l’on voulait justifiait ce format mécanique et archaïque, plus au service de l’industrie (et de Columbia House) qu’au service de l’auditeur. Autant la cassette que le CD nous annonçaient la fin d’une partie importante du concept global de la diffusion de l’art musical. En effet, comment montrer les intentions d’un artiste derrière une œuvre lorsque l’on dispose d’une surface de moins de douze centimètres carré ? La sortie des cassettes au Dioxide de Chrome a participé à la mise à mort de la musique comme œuvre comportant plusieurs niveaux artistiques. Aujourd’hui, ce crémage peu sembler superflu par rapport à l’essentiel qui est la musique elle-même. Ceci s’explique par le fait que nous ayons oublié comment une belle présentation contribuait à l’ensemble d’une œuvre. Ainsi, l’avènement des MP3 aura été le chant du signe de deux choses essentielles, la conception de pochettes intéressantes et de livrets informatifs, en plus de réduire la qualité globale du son. Nos oreilles d’éponges se sont malheureusement habituées à entendre des « glitch » électronique et une image sonore réduite comparée au CD ou au vinyle. De plus, mon éponge d’ordinateur n’a jamais autant possédé de « tounes » de toute sa courte vie. J’ai été poussé, un peu à mon insu, à remplir les giga-octets de mon iPod et de mon disque dur. Cette obsession de l’espace inutilisé est devenue comme une drogue. Il FAUT que je remplisse ces espaces binaires libres. Peu importe avec quoi. Imaginez ! J’ai même des amis éponges qui regarde des films de piètres qualités sur leur cellulaire ! Nous avons clairement abaissé nos standards de qualités. Les bonzes de l’industrie électronique peuvent bien jubiler…

Salut à toi, oh artiste!
Depuis quelques années déjà, j’ai délaissé les téléchargements boulimiques pour le combler avec un peu plus de raffinement (et aussi en payant mes téléchargements). En effet, notre rédemption réside dans la consommation musicale intelligente et responsable. Mon petit doigt d’éponge me dit aussi que le salut des artistes émergents réside justement dans la montée en puissance du format musical électronique sans support physique. Je suggère ainsi aux artistes marginaux de profiter de l’accessibilité et de la flexibilité des formats électronique comme les WMA ou les MP3 au maximum. J’ai la conviction qu’internet 2.0 peut servir la création de concepts originaux entourant la musique comme jamais elle ne l’a été auparavant. Regardons seulement l’avènement des MySpace et Facebooks. Tout ces portails sont encore très mal exploités et ne servent encore qu’à faire la promotion de l’art musical de façon très basique (si on oubli tout le côté « rencontre » de la chose). Or, mon deuil d’œuvre de HR Giger sur les disques de ELP ou les peintures plus grandes que nature de Roger Dean sur les pochettes de Yes en est aujourd’hui au niveau de l’acceptation. Par contre, il y a de l’espoir; ne serais-ce que par un abonnement à eMusic ou par une participation active aux sites comme Bande à Part, CBC radio 3 ou Pitchfork. Tout ça nous rapproche un peu plus des artistes et éloigne nos pores spongieux des grands monopoles du disque, qui se targuent de vouloir protéger une industrie moribonde. C’est en effet à travers ces portails que l’art entourant la simple ritournelle pourra évoluer. Et c’est nous, éponges consommatrices qui auront un impact majeur sur cette évolution. Des exemples?
Créer un contenu plus interactif, comme le font déjà les Arcade Fire en exploitant Internet 2.0
Un contact direct avec les artistes et leur nouveautés, comme l’a fait Radiohead avec « In Rainbow » avant la période des fêtes 2007 (nous pouvions acheter leur album au prix qui nous convenait!! – Parlez-moi d’une révolution.)
Exercer une pression plus grande sur les géants du disque en arrêtant d’acheter les formats physique et en passant par d’autres canaux que par les HMV de ce monde. Ceci aura pour effet de forcer l’évolution hors de cette façon rétrograde de commercialiser la musique.

En conclusion, malgré une évolution fulgurante des technologies sonores, il est temps pour les artistes et le simple consommateur de se réapproprier ce qui jadis était beaucoup plus près de nous. Les grandes firmes sont actuellement déstabilisées par la venue des formats musicaux tout électronique. Il est temps de cesser de pleurer nos pochettes colorées de douze pouces presque disparues et de travailler sur les innovations artistiques que nous permet l’Internet 2.0. Tout ça peut se faire en proche collaboration avec les artistes eux même. Le K.O. fatal donné au conservatisme des pseudo-corporations de l’art musical s’en vient, il ne faut pas rater notre chance.
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Surveillez la deuxième partie de ma sortie spongieuse sur les technologies destinées aux consommateurs de masse très bientôt sur ce blogue.

mardi 26 février 2008

Le Papillon



Le papillon s'était épris du soleil,
Comme un nuage au gré du vent.
Hors du cocon, un amour naissant,
Battant des ailes vers monts et merveilles.

Le réel devint une lointaine idée
Et nulle place était faite aux réponses enfouies.
Un aimant le subjuguait au sommet de Yhi,
Vers une idylle qui rayonne l'immortalité.

De chenille, il voulait immoler ses souvenirs
Et s'éteindre dans les flammes.
Mais une ombre hantait son âme,
Car le papillon savait qu'il allait en mourir.

Or, il embrassa le feu avec grâce et douceur
Et sorti hors du temps.
Il était libre de voler à tout vent
Pour enfin toucher son cœur.
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Seb_Roy (c) 02-2008

samedi 16 février 2008

« Where is Kosovo, Pauline? »






This is a simple question that my kids could ask in a near future, when they’ll have their new geography courses.

En effet, c’est non sans mal que la province du sud Serbe déclarera unilatéralement son indépendance sous peu (si ce n’est déjà fait). Nous serions tentés de nous inspirer de ce peuple et de tracer des parallèles avec cet état qui tend à s’émanciper. Ce serait une erreur monumentale. Bien sûr, il y a quelques similarités, mais la situation géopolitique de cette région et les appuis que le Kosovo reçoit peuvent en dire long sur ce qui se prépare dans les Balkans.

Ce qui est bon pour les Kosovares le sera pour nous
This paper is about analogies. However, Québec is far from being Kosovo… and also far from Kosovo… (Merci Pauline pour votre influence récente dans cet élan de bilinguisme géographique).

Lorsque Pauline Marois se sera recyclée en prof bilingue au CÉCEP ou à l’Université d’ici 10 ans, nous serons probablement capables de mesurer l’impact que l’indépendance du Kosovo a eu sur notre aspirante province à ce nouveau statut. Or, malgré toute l’espérance possible, l’indépendance du Québec ne se sera pas encore réalisée d’ici dix ans. Voici donc quelques points d’anticipation que mes enfants discuteront dans leurs cours de géopolitique bilingues :

1- Il faut utiliser nos alliés économiques comme levier politique au niveau international. En effet, le Kosovo est stratégiquement localisé pour accéder aux oléoducs et aux avantages stratégiques de la mer Noire. Nul besoin de préciser pourquoi les États-Unis et L’UE, grands consommateurs d’énergie qu’ils soient, approuvent l’indépendance de cette province. Si aucune action militaire ne s’emballe dans cette région, ce n’est qu’une question de temps avant que ce pays fasse partie de l’UE. Les États-Unis vont augmenter leur présence locale via l’OTAN. Et vlan! Un autre allié militaire pour les Américains (voir mon autre article sur les Balkans pour approfondir le sujet) http://librepenseedelaseigneurie.blogspot.com/2007/11/le-glissement-occidental-ou-comment-le.html
Ainsi, à l’image du Kosovo, le Québec de demain pourrait donc jouer les cartes du gaz naturel (Rabaska vous dit quelque chose?), de l’hydro-électricité et de l’éolienne; toutes des sources d’énergie du futur pour s’attirer la sympathie de nos amis. De plus, la notoriété du Québec comme pôle de découvertes technologiques, médicales et artistiques ne peut que jouer en notre faveur.

2- La différence culturelle est aussi une carte que le Québec doit conserver comme atout important. Un peu à la manière des Anglais dans le Haut-Canada avec leur déplacement vers l’ouest, l’exode des Serbes plus au nord à permis à la majorité musulmane et cryptocatholique albanaise de renouer avec une identité qui leur est propre, suite au retrait de l’Empire ottoman avant le siècle dernier. Le Québec à donc tout intérêt, malgré un multiculturalisme admirable et bien ancré, à affirmer sa différence et à l’entretenir.

Ce qui est mauvais pour les Kosovares le sera aussi pour nous
Enfin, il y a toujours une deuxième face à une médaille. Et c’est justement par les raisons suivantes que le Québec ne pourra pas suivre les mêmes traces et démarches que le Kosovo.

1- Un peu comme à Ottawa, le pouvoir en Serbie reste à Belgrade, loin de Pristina et de la province pseudo-indépendante. Avec l’aide de la Russie, la Serbie usera de tous les moyens possibles (sauf militaires, dit-on) pour limiter le rayon d’action de son indépendance. Une indépendance unilatérale au Québec aurait les mêmes conséquences face au gouvernement fédéral canadien. Compter sur un appui des États-Unis à ce sujet serait rêver en couleur. Seules des conséquences économiques positives pour les autres pays peuvent faire pencher la balance en notre faveur.

2- Comme le craint la Russie, avec ses propres problèmes en Géorgie et en Tchétchénie, le Canada à raison de croire que cela donnera des idées aux autres provinces telles la puissante Alberta ou l’Est Canadien. Bonjour le lent démantèlement du Canada. L’intégrité territoriale prend une importance majeure chez nos voisins canadiens. Entre autres, le pays, déjà aux prises avec de sérieux problèmes de voies navigables nordiques, serait aussi contraint de négocier avec le Québec pour ses eaux intérieures. Quel est notre pouvoir face aux voies navigables? Il y a plein d’autres exemples.

3- Outre la France et d’autres petits pays Européens, nous ne profiterons probablement pas du support de l’OTAN et encore moins de l’EU en entier. S’il y avait un contrôle militaire du Canada au Québec en cas d’indépendance, que ferait le gouvernement souverainiste en place? Évidemment, nous avons quelques gardes paroissiales importantes, mais je divague un peu… Au contraire du Kosovo, où l’ONU et l’OTAN y sont bien installées pour limiter les dégâts, nous serions presque comme certains pays d’Afrique avec ces centaines d’observateurs qui n’ont aucun pouvoir, laissés seuls avec eux même.

Rêver mieux?



L’utopie de l’indépendance québécoise est un casse-tête géopolitique très difficile à résoudre. Au-delà des problèmes potentiels mentionnés plus haut, l’espoir, la détermination et la connaissance de soi en tant que peuple restent des outils de bases nécessaires à notre indépendance. Il ne faut pas amenuiser le fait que le Kosovo se sort à peine du joug yougoslave, situation que le Québec ne vit plus avec le Canada depuis fort longtemps (toutes proportions gardées bien sûr). Le problème est que l’opinion internationale s’émeut de la situation d’un peuple seulement lorsqu’il est opprimé. La cote de sensibilité que le Québec soulève envers nos alliés potentiels pour une indépendance est assez basse. Faudra-t-il une autre guerre pour que la souveraineté se fasse ici? Je doute de nos capacités à ce niveau. Dans un monde de plus en plus global, nos idées séparatistes tombent de plus en plus à plat. C’est pourquoi il faut être fort économiquement, être sûr de notre identité, finalement passer à l’acte et se préparer au pire par la suite… comme au Kosovo.

mardi 5 février 2008

« Swing la baquaise dans le fond de la Rabaska! »


C’était écrit dans le ciel de Lévis
Le gouvernement Libéral du Québec semble avoir un problème chronique avec la transparence. Lorsque l’on apprend que la plupart des avis et études internes des ministères ayant un lien avec le projet Rabaska ne sont pas disponibles à la consultation publique, j’ai soudainement des chansons folkloriques d’André Lejeune dans la tête; comme un crieur de sets carrés qui nous lance : « Faites tourner votre partenaire! » ou encore, « Tout le monde à « drète » pour la grande finale… ». On nous demande de faire confiance au gouvernement lorsque le projet repose sur le privé. C’est beaucoup nous demander.

De plus, pourquoi cet énervement soudain des journalistes d’enquête de Radio-Canada? Cette réaction du gouvernement Charest n’est pas surprenante et cette nouvelle n’en est pas une. Depuis la publication du rapport favorable du BAPE (encore lui), la machine est lancée et rien ne peut plus l’arrêter maintenant.

http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/rabaska/index.htm

En effet, le BAPE est devenue un outil politique puissant malgré ses apparences de scrutateur/analyste sans faille. Pour arrêter ce projet, il ne reste que les recours juridiques; outils très peu accessible pour la majorité des groupes de citoyens.

Entrez dans la danse des flammes bleues
Les premiers balbutiements publics du projet du triumvirat entrepreneurial, qui inclut l’entreprise Gaz Métro, se sont fait sentir lorsque les belles publicités de l’énergie bleue sont apparues sur nos écrans. Déjà nous pouvions percevoir l’effort de séduction que Gaz Métro amorçait et fait encore aujourd’hui. Nous est ensuite apparu l’épisode de Beauharnois avec la centrale thermique du Suroit. Ce préambule au projet Rabaska confirmait avec plus de clarté les intentions du gouvernement Charest de contrôler une autre source d’énergie. Le geste est louable en théorie. Par contre, nous connaissons tous la fin de l’épisode. Apparemment, la pression du peuple et des environnementalistes fût trop forte pour notre bon gouvernement. C’est ce qu’il tentait de nous faire croire jusqu'à ce que la carte caché de Rabaska arrive sur la table en 2006. Il est évident que les intentions derrière ces deux projets, qui technologiquement sont différents, restent les mêmes : satisfaire le lobby énergétique. Il est intéressant de constater que l’utilisation de la peur est une des armes importante du gouvernement pour la promotion de ce projet. En effet, on nous fait croire à grands cris que les besoins énergétiques sont croissants et que l’offre ne suffira plus pour subvenir aux besoin des particulier et des entreprises. Le débat était ainsi lancé.

Les sempiternelles hérésies
Je comprends le gouvernement Charest et les promoteurs de Rabaska d’essayer de justifier le projet en caressant tendrement les gens dans le sens du poil. Il faut aller voir le site de Rabaska pour s’en convaincre.

http://www.rabaska.net/page.php?idS=13&idL=fr

Avec tous ces communiqués, les belles photos et le merveilleux travail des professionnels de la communication, le projet semble très alléchant, vu sous l’angle des promoteurs. Par contre, nous ne sommes pas dupes. Il faut lire le rapport du BAPE pour en saisir toutes les particularités. Or, le comité de consultation publique fait très attention de ne pas trop pencher sur un côté plus que l’autre, comme il le fait toujours. Cependant, on peut remarquer un clivage important entre les deux belligérants dans le dossier. D’un côté, il y a les porte-paroles économique et de l’autre, les environnementalistes et les citoyens résidents. Comme l’a probablement fait le gouvernement Charest et ses nombreux ministères, j’ai lu la conclusion avant tout le reste. On y dit, entre autre, que le côté économique du projet aura un impact majeur et positif sur la région (ce que je ne contredit point) seulement si des mesures compensatoires sont prises pour la chose environnementale. Ce qui est malheureux avec ce rapport, c’est que la compensation de l’impact environnemental est ramenée, en grande partie, à l’échelle provinciale. Il est clairement spécifié que les gens du coin sentiront les effets de cette installation gazière (par le souffre). Par contre, le BAPE suggère que d’autres mesures ailleurs en province pourra compenser afin d’atteindre les objectifs de Kyoto. Laissez-moi rire! Il est certain que je ne sentirai pas directement les effets néfastes de Rabaska, moi qui demeure dans la région Montréalaise. À la lecture du rapport, on me permet de croire que des mesures dans d’autre secteurs pourront être prises pour compenser le tord fait à cet environnement. Merci Rabaska!

Grâce à Rabaska, on nous laisse aussi croire que le prix du gaz ainsi réduit (ça reste à voir) sensibilisera les gens à utiliser un peu plus cette ressource. Il est évident que les seuls bénéficiaires de ce projet ne seront pas les particuliers mais plutôt nos voisins du sud ou quelques corporations importantes. Je conviens que certaines entreprises pourront en profiter mais quels en seront les coûts? Je ne suis pas le seul à le penser, on donne le sentiment que le gouvernement Charest reçoit de la pression de l’ouest Canadien, d’où provient le gaz naturel en ce moment. En effet, l’Alberta en aura énormément besoin pour la transformation des sables bitumineux. Le puzzle se met en place.

La transparence du brouillard
La façon dont le projet nous est présenté est tout à fait censée, en théorie. Par contre, ce que les journalistes de Radio-Canada nous montrent, en mettant au jour le refus de plusieurs ministères de dévoiler leurs avis sur le projet Rabaska, leurs intentions deviennent plus claires. Politiquement, le gouvernement Charest ne veut pas que l’épisode du Ministre Couillard se répète. La précarité du gouvernement actuel y est probablement pour quelque chose. Certains se souviendront peut-être que le ministre de la santé ne recommandait pas ce projet, au début. Quelques mois plus tard, monsieur Couillard changeait d’avis et supportait Rabaska. J’aimerais bien croire monsieur Claude Béchard lorsqu’il soutient que tout les ministères concernés ont donné un avis favorable. Mais je me souviens trop bien des déboires entourant le Mont Orford pour me laisser séduire par ce pantin. On nage encore en plein smog politique et c’est là où le bat blesse.

Youppi! Nous pourrons voir des transporteurs méthanier!
On cherche toujours à se rassurer lorsque l’on se retrouve devant un fait accompli et que rien ne nous semble possible pour renverser la vapeur ou lorsque l’on cherche des réponses. Alors comme quelques autres internautes « convaincus », je retournerai lire le site de Rabaska et me laisserai bercer par les ritournelles que l’on m’offre. De plus, lors de mon prochain passage sur l’Ile-D’Orléan, je contemplerai ces magnifique nouveaux bateaux, que peu de yeux ont pu contempler jusqu’à maintenant. Dire que certains pensaient que le tourisme allait en être affecté…

mercredi 30 janvier 2008

Le vilain petit mouton noir (ou l’apologie de la « stupiditélé »)


Prologue
Certains diront que je ne suis pas très constant dans mes publications. D’autres diront que je suis en retard sur le sujet. J’en conviens. Il y a un bail que j’ai écris des textes d’opinion sur ce site; les mois de décembre et janvier m’offrant beaucoup plus à faire que de pianoter devant un écran. Par contre, sachez que ce blogue existe en premier lieu que pour mon plaisir personnel. Au contraire de mes collègues souverains et amis « reporters », les échanges de commentaires sont optionnels et ne cause chez moi qu’une infime déception s’il y a absence d’interaction. N’est-ce pas merveilleux; à défaut d’être lu par des centaines de personnes, je suis contraint… à aucune contrainte? C’est donc avec un humble contentement que je ponds mon premier soliloque de 2008. À bon entendeur…

Comment (dé)faillir en faisant de la télé généraliste?
C’est avec un soupçon d’ironie que j’ai accueilli la nouvelle sur la tutelle de la chaine aux quatre saisons en décembre dernier. Avec cette annonce me sont apparus des souvenirs presque ineffables reliés à cette « jeune-vieille » télé. Jeune, parce qu’elle n’existe que depuis 1986, mais vieillotte parce que c’est une station qui, malgré son impacts sur le style de journalisme au Québec, a peu évoluée dans son ton.

Par-contre, mon envie de retourner voir ce mouton noir, chose que je n’ai pas fait depuis belle lurette, n’est pas venu spontanément; d’où le délai entre la nouvelle sur la faillite de TQS, parue au mois de décembre et ce billet. Voici donc mon inintéressante histoire d’amour-haine avec cette chaine spécialisée en … en rien quoi!

Jadis, la télé aux cinq petits ronds de couleurs (qui ressemblaient à des Pac-Man faisant une gentille ronde) envahissait beaucoup plus souvent mon univers qu’aujourd’hui. En fait, je boude cette télé (et mon plaisir) depuis plusieurs années déjà. Des esprits bien pensant diront que je suis devenu « péteux ». Ils n’ont pas complètement tord. Disons plutôt que TQS m’est devenu plus un plaisir coupable dont je ne dis mots, qu’un réel divertissement.

« Cachez ce poil que je ne saurais voir »
Je me souviens que cette boite fut lancée lorsque j’avais l’âge où toutes les filles s’habillaient encore « Au Coton ». En fait, grâce à la mode vestimentaire du temps, les filles me laissaient beaucoup de place à l’imagination au début de mon adolescence. Malgré un bel esprit créatif, il me fallait un peu plus de concret. Ainsi, après avoir partagé plusieurs « brontosaure burger » avec Fred Caillou pendant quelques midis, j’ai pu, grâce à TQS, fréquenter les multiples courbes de quelques Emmanuelles aux heures « Bleu Nuit ». Jadis, cette ère encore très loin de l’hyper-sexualisation canalisait mes références érotiques avec des femmes comme Olinka Hardiman ou Madame Claude. Que de beaux souvenirs aux contours de bikini velus. Le summum du septième art avec une cote sept dans le « tévé hebdo ». L’ensemble était agrémenté de traductions hilarantes n’allant souvent pas plus loin qu’un « Oh oui! » sirupeux; tout ça saupoudré d’une trame sonore de marque CASIO. Ce qu’on pouvait supporter pour avoir un peu plus de sang dans le membre viril… je vous le demande. Merci TQS d’avoir rempli le vide laissé par mes cours de FPS au secondaire…

« Ça pas d’bon « sang » s’que vous dites là madame!»
C’est un boniment qui revenait fréquemment à cette chaine. C’était le temps où je perdais mon temps. Assidu spectateur, garçon pubère et en construction d’un mental propre à moi, j’aimais parfois me faire brasser la cage par un Jean-Luc Mongrain ou autre chialeur-animateur. De façon indirecte, on nous traitait de cancre en nous faisant la morale style « petites-gences ». Aujourd’hui, j’ai réalisé qu’il faut un bon esprit critique pour survivre à la démagogie de cette chaine. Que ce soit pour les affaires publiques, l’après-match des Nordiques ou les films avec lutteurs à la retraite, il fallait prendre TQS pour ce qu’elle était : une chaine méli-mélo qui ne ménage ni la chèvre et le choux. Cette fréquence VHF fût quelque temps mon sac de chips « all-dressed » : ultra-salée, au goût mal amalgamé et sans grand intérêt, sauf pour se bourrer de calories vide. À mon sens, 20 ans plus tard, cette station prend encore les gens pour des éponges. C’est encore une télé très centré sur nos petits faits divers. Parfois, elle se permet un soubresaut obligé mais trop court vers les vicissitudes mondiales.

« De TQ à TQS, il y a beaucoup plus qu’un « S » de différence »
Je me suis alors demandé quelle est l’utilité d’une telle télé en 2008, vu l’énorme choix des chaines spécialisée et l’avènement du « sur demande ». Qui veut d’un TQS aujourd’hui et qu’est-ce qu’on peut bien en retirer? Voici quelques humbles et désintéressées pistes de réflexions :

En tant que nouveau « singulier », j’ai un peu plus de temps libre. C’est en ces nouveaux temps mort que je réapprends à le perdre. Or, il y a quelques semaines, je me prélassais devant les délicieuses rediffusions de Passe-Partout que l’on nous a régurgité tout le temps des fêtes à Télé-Québec (TQ). Au diable les ragots entourant la pédagogie de cette vielle émission, mes enfants ont été autant « scotchés » que je l’étais il y 25-30 ans… Mais quel est le rapport, me direz-vous? Cette longue introduction démontre ce qui a pu défaillir dans ma boite crânienne pour que je puisse retourner espionner ce qui se faisait dans le côté obscur des médias québécois : tout simplement la nostalgie. Même si j’ai toujours pensé que le « Q » prenait une trop grande place dans l’acronyme de TQS, j’étais curieux de voir si ce poste avait évolué. Je vous apprendrai « nada » en disant que rien n’a vraiment changé.

En effet, je retrouve une idole d’enfance en Paul Sarrasin, cette grande voix officielle de TQS que je chérissais tant à Solid Rock chez Musique Plus. De plus, il y a toujours ce Mongrain avec plus ou moins les mêmes sujets de « chialage ». En résumé, j’ai eu le plaisir d’assister à des débats « importants » à 110%, sur l’odeur de support athlétique qui règne dans les vestiaires du Canadien. J’ai écouté au moins deux films « majeurs », inspirés librement des romans de Danielle Steele. J’ai entre-autre entendu parler ad-nauseam de Paris Hilton et de Britney Spears à Flash; j’ai un peu souris en regardant « 450, chemin du François Massipoche ». Je dois préciser que les rires en cannes m’ont beaucoup aidés à me synchroniser… Enfin, je me suis engraissé le bide en me prélassant devant nos quilleurs québécois pour finir par verser une larme sur Vision Mondiale. Malheureusement, je ne me suis pas assez couché tard pour voir s’il y avait encore des « porn stars » poilues qui sévissaient à bleu nuit…

« Non, ne me quitte pas »
Je savais que je prenais un risque en retournant voir ce qui se faisait de pire dans notre télé. Je ne me le cache pas, jusqu’à un certain point, j’ai aimé ça! J’ai retrouvé en moi ce côté simplet, ricaneur pour rien et surtout voyeur. Mon côté « nez en l’air » en a pris pour son rhume car j’avais presque oublié le plaisir de « s’évacher » devant des inepties. TQS! Ne me quitte pas! J’ai réalisé à quel point ni Véronique Cloutier, ni Eric Salvail ne comblent réellement mon désir de relâchement mental dont j’ai tant besoin parfois. Bien sûr, rien n’est irremplaçable. Je peux assouvir ma paresse avec d’autres perles qui passent parfois à Canal Vie, Canal Vox, Canal D ou le canal Avis de recherche.tv (poste 46). Par contre, pourquoi faire faire de l’exercice à mes doigts sur une télécommande lorsque que l’on peut, sans effort, combiner tout ces postes dans un seul? Je sais que je ne retournerai pas de sitôt regarder TQS, n’en déplaise à mes détracteurs. Ce mouton noir est devenu mon « fix » de stupidité et ma trousse de premiers (derniers) soins dont on ne se sert pratiquement jamais (où tout est expiré…). C’est rassurant de savoir qu’elle existe, tout simplement.

Longue vie à TQS!

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Lexique : FPS = Formation Personnelle et Sociale