jeudi 21 août 2008

Vous êtes dans le piano

Préambule: Ceci est un article que j'avais publié dans facebook il y a longtemps. Certaines personnes m'ont mentionné que je devrais le faire connaître à un plus grand auditoire ou lectorat. J'aquiesce alors à cette demande et vous soumet mon analyse de l'avant dernier de Gonzales, l'intemporel. Bonne écoute!

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Nous sommes maintenant à des lieux du royaume kitch de Richard Abel. En fait nous sommes dans un univers enfumé et mélancolique. Nous sommes littéralement dans le piano de Gonzales (Jason Beck). La beauté de cet œuvre n'est pas dans son originalité mais réside plutôt dans l'ambiance ultra feutrée et la douceur blanche des mélodies. Nous sommes presque invités dans le salon de Claude Debussy ou de Satie. Ce producteur canadien exilé nous montre ici son talent de pianiste aérien et festif avec "Solo Piano".
Le voyage que nous propose Gonzales, à travers seize courtes élégies musicales, est couvert de grosses ouates et de pénombres réconfortantes. Certaines pièces nous transportent dans le Montmartre d'Amélie, dans le cirque du grand Zampino ou au Birdland de New York. Nous sommes si près de l'instrument que nous pouvons parfois entendre les doigts du pianiste heurter l'ivoire blanc et noir. C'est une musique suggestive au possible, où il est facile de se réfugier pour inventer histoires folles et univers lubriques.
Soyons honnête; cet opus n'a pas nécessairement besoin d'une écoute très attentive. C'est justement ce qui rend la vie utile du disque bien au-delà du simple CD, comparativement à ce que nous offre la majorité de ce qui se retrouve en palmarès. En fait, le dernier de Gonzales est intemporel et apatride musicalement. Certains oseront qualifier ce long jeu de jazz minimaliste ou même de postiche impressionniste. Oui, il y a similitude. Par contre, la beauté de "Solo Piano" demeure dans l'oubli du temps lors de l'écoute. Les notes nous bercent simplement et sans pudeur. Que vous soyez au travail, au coin de lecture ou au fourneau, cette œuvre transporte, berce et libère du carcan quotidien. Il faut juste savoir écouter, que ce soit attentivement ou non.

mercredi 20 août 2008

Le Harper à deux bouches

(Avec musique du service Faune et Flore du Pays en trame de fond)




Le Lac Athabasca, en Alberta, regorge d’espèces de poissons fringants et appétissants. Ce lac, bien situé en aval d’une des plus grandes sablières énergétiques du monde, tient sa renommée grâce au fameux spécimen, le Harper à deux bouches, parfois appelé, le John Baird aux yeux d’or, à cause de sa soif insatiable pour l’or noir provenant des sables bitumineux et de ses résidus d’exploitation. En effet, le Lac Athabasca sert de filtre naturel pour les travaux sans vergogne de l’homme effectués en amont. Qu’à cela ne tienne, le Harper à deux bouche (et aux yeux d’or) à su s’acclimater à cet environnement hostile en se développant une capacité pour dire une chose par une bouche, pendant que l’autre bouche en dit une autre. Il se permet ainsi de s’adapter aux énormes différences culturelle entre les provinces du pays dont il fait parti. Sachant que deux bouche valent mieux qu’une et par cette mutation, le Harper s’autorise à hameçonner le plus de pêcheur possible lors de la fraie qui le fera parcourir le pays de long en large l’automne prochain, en quête du « poissons électeur».

Pour plus de renseignements ou pour commenter sur le Harper à deux bouches, veuillez communiquer avec le ministère de l’environnement à l’adresse suivante : http://www.johnbaird.com/

Il est toujours possible de connaître l'origine de ce beau spécimen à l'adresse suivante: http://www.radio-canada.ca/regions/alberta/2008/08/19/003-poisson-2-bouches_n.shtml

(Cette capsule est payée par la fédération canadienne de la faune et toute sorte de commanditaire plus obscure les uns que les autres)

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mardi 19 août 2008

Ma première Place des arts… municipaux

Mes parents m’ont toujours dit qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ils ont encore eu raison au début du mois. En effet, je suis allé pour la première fois assister au festival des arts de la complainte citoyenne, qui à lieu deux fois par mois dans ma ville. Cet événement peut aussi porter le nom de « séance du conseil de ville ».

La préparation
Je me suis pointé bien candidement, sans trop savoir à quoi m’attendre et sans grande préparation. Jadis, j’avais déjà lu quelques procès verbaux en temps (très) perdus, afin de m’initier au charabia de la législation municipale. Ces procès verbaux ont été peu efficaces sur le pouvoir d’exciter ma fibre politique; d’où la constante résurgence de la fameuses maxime : « J’ai d’autres choses à faire que d’assister aux séances du conseil municipal… » . Or, c’est avec la crainte du puceau que je suis entré dans la salle sans âme. Malgré les vacances estivales, il y avait tout de même au-delà de 20 personnes qui attendaient nerveusement leurs cinq minutes de gloire. Afin de me fondre dans cette faune aux dents acérées, je n’avais que pour parures un crayon et un carnet. J’étais ainsi prêt à entendre (et noter pour le bien de ce blogue) les doléances de mes concitoyens.

Que le spectacle commence
À ma grande surprise, il n’y a pas eu de moment de prière ou de moment de réflexion au début de la séance. Pas d’accommodement inutile ou de catholicisme exacerbé à la Jean Tremblay, clownesque maire de Saguenay. De toute façon, une prière, ou un moment de silence aurait eu un effet analgésiant sur les intervenants qui se préparaient à entrer sur scène lors de la première période de question (la partie la plus intéressante de la soirée). J’accorde ici, à la manière d’un Dumbledore, un point aux élus municipaux.

Or, j’ai eu droit, dès le début, à une histoire de vidange enlevante et passionnée; le genre d’histoire qui démontre la complexité du fonctionnariat municipal, en ce sens qu’une compagnie de détritus ne ramasse pas les vidanges d’un groupe de citoyen lorsqu’elles sont déposés à la frontière de deux villes. En effet, les deux compagnies pensent que c’est à l’autre d’en disposer. Malgré le discours enflammé du citoyen, qui était à la hauteur d’un indigné au FM parlé de Montréal, les conseillers ont été très respectueux et ont écouté le pugiliste jusqu’au bout, parfois même en opinant du bonnet! Il y a même eu un vent de résolution de problème qui s’est pointé. C’est peu dire comment je suis impressionné. Mon cynisme envers les élus municipaux a commencé à en prendre pour son rhume. J’accorde ici un deuxième point à la gent municipale. Ainsi, les minutes passèrent et les intervenants aussi. J’ai pu, par exemple, ouïr les complaintes de citoyens mal informés sur le développement potentiel d’un concessionnaire automobile derrière leur quartier (des citoyens genres « pas dans ma cours SVP »). J’ai aussi entendu des questions très courtes qui auraient pu être répondu simplement en appelant à la ville (c’était un peu pathétique). Malgré le petit nombre de badaud, l’auditoire était hétéroclite à souhait et respectueux de la bienséance. Vais-je voir de l’action?

Est-ce qu’on m’en passe une vite?
L’action devra attendre encore un peu. Après la première période de question, ce fût le moment du charabia légal, le temps de la valse des autorisations spéciales, des approbations de subventions diverses et d’octroi de contrat ça et là (comme le déneigement des rues… oui déjà…). Une bonne proportion des citoyens présents ont dû quitter la salle pour cause « d’endormite » aigus. J’avais du mal à suivre et je me demandais légitimement si je me faisais passer des petites vite à la vue de tous ces amendements à quelques budgets mal évalués au départ.

De l’usage de la démocratie locale
C’est ainsi que la deuxième période de question revenait à l’ordre du jour, sans grands remous. Le moment fort de l’assemblée est apparu à la toute fin, lorsque l’un des conseiller a fait une remontrance aux deux journalistes locaux présents, entre autre pour divulgation de fausses informations. Ce conseiller, dont j’oubli le nom, mais que je surveillerai de plus près la prochaine fois, à mentionné à quel point l’usage de la démocratie par les citoyens fait défaut. Pour bien illustrer son propos, ce dernier faisait état du fait qu’une de ces journalistes a mentionné dans son article polémique quelques plaintes de citoyens mécontents par rapport à l’implantation probable d’un concessionnaire Honda entre le Château Vaudreuil et le rond point de la voie de service de la 40 est. Ayant reçu plus de 60 appel de citoyens inquiets ou mécontents directement à sa résidence, le conseiller s’était préparé au pire lors de la séance où j’étais présent. Ce conseiller à pu constater que, malgré ses invitations, seulement 2 citoyens ont mentionné de façon officielle leur inquiétude face au développement de la bande de terre susmentionnée. Je ne peux qu’adjoindre ma voix à ce fougueux conseiller et soulever le fait que la majorité des gens sont capable de se plaindre dans un semi-anonymat, mais lorsqu’on leur demande d’utiliser les canaux officiels de la démocratie municipale pour faire valoir leur point de vue, c’est le silence, c’est le néant. On se demande alors pourquoi les choses se font sans notre consentement… J’accorde encore un point de plus au conseil de ville (et beaucoup de points en moins pour les citoyens).

Un cynisme difficile à enrayer
Cependant, il y a place à amélioration. Toute cette mascarade du conseil de ville cache certains vices. Par exemple, si nous voulons contester un projet, les votes sur les projets de la ville se déroulent souvent au beau milieu de la journée, à des heures qui ne conviennent qu’aux têtes blanches de notre patelin. D’un côté, on nous dit de se présenter en grand nombre au conseil de ville, mais de l’autre, les outils proposés ne sont accessible qu’à une minorité. Face à ce constat, comment ne pas y voir une manipulation de la part des élus, afin de minimiser l’opposition? Vu la teneur plutôt estivale de cette séance du conseil de ville (le maire Pilon et deux autres conseillers étant en vacance), je me promets de retourner visiter mes élus locaux cet automne et ainsi parfaire ma compréhension des arts… municipaux… et ainsi voir si on peut avoir la piqure pour la politique municipale et ses dossiers de voiries...

vendredi 8 août 2008

Comment combattre cet été morose

Pour combattre cet été morose, il faut soit travailler pour l’oublier, ou bien aller voir ailleurs si nous y sommes. J’ai décidé de faire ni l’un ni l’autre; je prends une semaine de vacance bien méritée mais je reste au Québec. En fait, je vais « m’évacher » le long du Saguenay avec mes enfants et quelques livres. Voici, entre autre, ce qu’il y a dans ma valise et qui servira probablement à une critique probable dans ce blogue (ou ailleurs…).

Premièrement, je vais me délecter de l’art de Moebius et Jodorowski en m’immergeant dans le monde de « L’Incal ». Mélange de science-fiction, humour, sexe, violence et surtout «anticipation». Un univers monté de toute pièce qui me sortira assurément de la pression quotidienne de la R&D.


Cependant, malgré qu’il ne se passe pas grand-chose au Québec, politiquement parlant, j’ai pensé profiter de cette accalmie pour réfléchir un peu sur la situation de l’identité québécoise, tout en m’amusant un peu. J’ai récemment mis la main sur un « collectif » qui regroupe des psychanalystes et psychologues connus, s’épivardant sur le problème de l’identité québécoise, suite au cirque de la commission Bouchard-Taylor. Ce livre s’appel « Le Québec sur le divan ». Voilà une belle façon de regarder une situation complexe sous l’œil des fouilleurs d’âme, sachant que le Québec est malade de son identité, et que cette maladie est probablement psychologique.




En conclusion, il ne me reste qu’a dire « bebye ». On se revoit quelque part en Août.

vendredi 1 août 2008

« Support our troop! qu’y disaient »

Ça ne sent pas bon. C’est même un peu nauséabond cette histoire d’enfants tués par l’armée canadienne en Afghanistan. Nous avons les sempiternelles excuses du ministère de la défense qui soutient que les dommages collatéraux sont malheureux, mais inévitables en situation de conflit. Ainsi, nous serions en conflit? Je croyais que nous étions là-bas pour aider le peuple Afghan à reconstruire la paix et la démocratie dans un pays contrôlé par les Talibans? Voici un autre bon exemple de désinformation au nom de la sécurité nationale. J’entends déjà les droitistes rouspéter : Ils disent que les soldats se sont simplement protégés contre quelqu’un qui ne voulait pas obtempérer. J’en conviens. De toute façon, nous sommes à des milliers de kilomètre de la vérité. Mais que peut-on retenir d’un tel événement?

On nous enrôle de force
Lorsque je fais le décompte des morts militaires canadiens qui s’additionnent, on peut se demander légitimement où nous en sommes avec cette « guerre ». Est-ce que le but premier, comme l’explique si bien le site web de la défense nationale, est respecté? Entrons-nous discrètement dans une escalade de violence dont les armées perdent le contrôle? La pression de l’OTAN (autant dire des États-Unis) s’est élevée d’un cran depuis un an. Les Talibans semblent avoir repris des forces et la paix ne sera pas réinstaurée en 2009. Peu importe qui gagnera les prochaines élections, comment le premier ministre du Canada de 2009 pourra justifier un retrait des troupes? La défense nationale était parfaitement au fait de ces possibilités et le gouvernement se servira de la situation actuelle pour solliciter un délai de mission supplémentaire. Bon nombre de Québécois étaient d’accord pour apporter de l’aide dans les infrastructures ou pour un transfert d’expertise de la démocratie nationale, mais pas de jouer à la police en lieu et place des Américains, sous prétexte qu’ils en ont plein les bras dans le bourbier d’Irak. Malheureusement, nous avons été bernés par la façade du bon militaire Canadien qui pensait sauver le peuple Afghan en 5 ans. Il est maintenant trop tard pour reculer, le Canada doit finir ce qu’il a commencé. Pour vous en convaincre, veuillez lire le reportage paru aujourd’hui sur SRC Internet. Imaginez seulement la réputation du pays si nous annoncions notre retrait dans de telles conditions. Certains diront que ça ne nous touche pas, ici au Québec. Que cette histoire est de la faute du ROC et de leur mentalité guerrière. À ce que je sache, nous faisons encore parti de ce maudit pays. Tout ce que fait le Canada nous éclabousse. De plus, aux yeux des autres pays de l’OTAN, le Québec ne pèse pas lourd dans la balance internationale. Enfin, pas encore…

Une idéologie impossible à soutenir
J’ai la conviction que le problème de l’Afghanistan ne peut pas être réglé par des méthodes occidentales, que ce soit pas l’éducation, les infrastructures ou par l’enseignement d’une méthode de gouverner. Nous arrivons avec nos gros sabots, notre vérité et nos dogmes dans un pays qui ne connaît rien à la culture occidentale. Sous prétexte de mettre fin au régime des Talibans, les opérations militaires ressemble de plus en plus à une croisade. Comme celle perpétré par diverses nations sous la gouvernance Chrétienne du moyen âge. Encore une fois, l’OTAN et le Canada font fausse route. Pourquoi ne pas se concentrer à diversifier l’agriculture au lieu de laisser faire (ou pire détruire sans avertir) la culture du pavot qui infecte le pays tout entier. N’y aurait-il pas un double discours sous cette inaction face à la production de drogue de ce pays? Les méthodes d’apaisement doivent être revues. Mais ce n’est pas demain la veille que l’on verra un changement de cap de la part des militaires. C’est plus le fun et facile d’utiliser des chars d’assauts et des mitraillettes que de travailler à améliorer les conditions de base d’un peuple en désespoir. De toute façon, nous n’en viendront pas à bout des Talibans. Autant changer de stratégie.

Si la vie vous intéresse
En toute honnêteté, au départ, j’ai peu d’empathie pour les militaires qui s’enrôle dans l’armée. J’imagine qu’ils doivent le faire en toute connaissance de cause. J’imagine aussi qu’ils savent qu’ils s’exposent à la possibilité d’être envoyés dans les zones conflictuelles de la planète. Par contre, une fois mis devant un fait accompli, il serait malhonnête de ne pas avoir au moins une pensée pour ces gars et ces filles qui, sans nécessairement l’avoir voulu réellement, sont exposé à des conditions de stress souvent insoutenables. Or, je n’apposerai pas cet hideux autocollant qui clame de supporter nos troupes sur ma voiture. Par contre, je ne serai pas celui qui s’opposera à une extension de la mission Canadienne. Je serai plutôt celui qui critiquera les méthodes actuelles pour parvenir à une stabilisation de l’Afghanistan; et nous somme loin de la panacée.. Alors, quand « la vie nous intéresse », même celle d’un militaire inconscient (ou trop patriotique), il est mieux de supporter ces pauvres âmes. Surtout lorsqu’elles reviennent de l’enfer.

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Enfin pourquoi ne pas envoyer directement vos recommandations à la défense nationale? Par contre, il ne faudra pas s’attendre à une réponse ou à un changement de cap de l’armée parce que vous avez écrit à cette adresse. Mais qui n’essaye rien, n’a rien.
info.afghanistan@international.gc.ca