Le suppôt défroqué
Cependant, j’écoute encore parfois, et avec plaisir, du Mastodon et ses innombrables clones, je savoure encore les bons vieux Venom et leur guerre au côté de Satan, sans oublier mes meilleurs de tous, Atheist et leur technique progressive imparable.
Par contre, c’est maintenant dans le confort de mon foyer que je savoure ces « métalleux ». N’est-ce pas paradoxal? Imaginez le topo : un gars qui secoue une tête gravement atteinte par la calvitie, verre de vin dans la main gauche et usant du signe du diable avec la droite. C’est moi ça…Mon iPod à moi
Or, la vie suit son cours « normal », la famille s’installe et les « messes noires » deviennent très rares, voire reléguées aux oubliettes. Comme je suis une personne très éclectique musicalement, j’ai toujours collectionné plein de curiosités et des vieilleries qu’il fait bon se procurer en vinyle, juste pour vivre le « trip » de regarder une pochette de plus de 3 pouces carré et de faire vraiment attention à l’objet lui-même.
C’est pourquoi, depuis quelques semaines déjà, j’ai ressorti des « records » de mon antre pour le plus grand plaisir de mes oreilles et de mon corps vieillissants. Finalement, j’ai vu la lumière. Je crois que je suis un quétaine qui s’ignorais et je fais aujourd’hui ma sortie de placard. Entre les sillons du Saint-Laurent de André Gagnon, les variations minimalistes d’un Brian Eno sur « Plateaux of Mirror » et la plus que fredonnable Ginette Reno avec le tube « J’ai besoin d’un ami », mon cœur balance. C’est avec un immense et refoulé plaisir que les galettes noires s’empilent sur ma table tournante depuis quelques weekends, comme pour quelqu’un qui a retrouvé l’amour, le vrai. Exit la honte et la fausse pudeur. Maintenant, je cris haut et fort mon amour pour les musiques d’ascenseurs, les refrains de bars karaoké et pour les mélodies à l’orgue Hammond de Lucien Hétu.On se moque?
Toutefois, ne croyez pas que l’ombre d’un sourire narquois ne peut se dessiner sur mon visage extatique lors de l’écoute de l’œuvre de Nicole Martin ou de Patrick Zabé. Car c’est bien là où est le plaisir. Le rire que peut me procurer les textes et les intonations de ces hymnes, témoins d’un temps passé, n’a pas de prix. Or, ceux qui me connaissent savent que je n’ai pas peur de la dérision. C’est pourquoi, si vous voyez un hurluberlu perdu dans le trafic avec les vitres baissée qui chante à tue tête « Une Chanson Italienne » de Alain Morissod ou qui écoute MC Gilles à plein volume, ne riez pas, c’est probablement moi qui vis pleinement son « kétainisme ».* Chromeo – Fancy Footwork
* MSTRKRFT – n’importe lequel album est savoureux…
* The Lost Fingers – Lost in the 80’s (voir ma critique ici)
* Electric Six – Fire (voir et entendre leur plus grand succès ici)
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